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This interview was published on the website of Abeille Musique, which is the French distributor of PAN Records. At the botom is an english translation.
Les lundis des labels : le label PAN Records
(24/04/2006 16:01)
Chouette, aujourd’hui c’est lundi ! En ce beau lundi de printemps, nous allons faire la connaissance du label hollandais PAN Records, et de son directeur Bernard Kleikamp. Encore une personnalité incontournable dans le monde du disque, de la musique ethnologique cette fois-ci. Encore un entretien vraiment très intéressant. Décidément, nous avons de la chance de travailler avec des gens comme ça !
Bernard Kleikamp sillonne le monde, en ethnomusicologue, à la recherche des merveilles musicales qui existent, et décide de les enregistrer et de les rendre accessibles au public. Laissons-le nous prendre par la main et nous emmener à travers les contrées lointaines de Mongolie, d’Azerbaïdjan, de Chine et d’Afrique.
- C’est une drôle d’idée de faire des disques, comment en êtes-vous arrivé(e) là ?
- Bernard Kleikamp :
Après avoir quitté l’université en 1981, où j’ai fait des études de théâtre et d’ethnomusicologie, la perspective de devenir un dramaturge et ethnomusicologue au chômage ne m’enchantait pas, j’ai donc créé mon propre travail. A l’époque, j’étais déjà dans le bureau du club et festival folklorique de Leiden *, et j’ai décidé de fonder une agence de concert.
Des amis musiciens avaient créé le label PAN (en 1975) pour sortir leurs propres disques vinyles. Quelques années plus tard, ils m’ont demandé de me joindre à eux. Puis, un à un, ils sont partis, parce qu’ils voulaient faire de la musique plutôt que de gérer une maison de disques. Pour moi, c’était le contraire, et depuis le milieu des années 1980, je suis l’unique propriétaire de PAN Records. J’ai décidé de favoriser une approche internationale, avec principalement de la musique ethnique.
Grâce à mes relations avec de nombreux artistes à travers mon agence de concerts, il a été assez facile de trouver des ensembles de talent qui voulaient bien enregistrer pour PAN Records.
L’arrivée du CD a beaucoup aidé, et je pense que j’ai/nous avons commencé à produire des CDs au bon moment. Notre premier CD, sorti en 1988, « Kolinda 6 », est toujours au catalogue.
J’ai arrêté de travailler dans l’agence de concerts il y a 5 ans, mais j’espère continuer PAN Records longtemps encore.
- Comment définiriez-vous la singularité de votre label ?
- Bernard Kleikamp :
De la musique non commerciale, inhabituelle, fortement épicée de musique ethnique et traditionnelle.
Voici les points qui différencient PAN Records des autres labels :
* Nous mettons l’accent sur des régions et genres spécifiques (mais ne négligeons pas le reste du monde !) : le Pacifique (« Anthologie de la musique du Pacifique ») ; le Caucase (« Anthologie de la musique du Caucase ») ; la musique pour ensembles de cuivres (« Anthologie de la musique pour ensembles de cuivres ») ; l’Asie Centrale (« Anthologie de la musique d’Azerbaïdjan » et autres disques) ; l’Europe de l’Est et du Sud-Est ; les pays de l’Ex-URSS ; les groupes ethniques de Chine (« Anthologie de la musique de Chine ») ; l’Afrique orientale ; la musique diphonique **.
Ces régions et genres correspondent évidemment aux intérêts et spécialités de nos ethnomusicologues partenaires.
* Dans de nombreux cas nous avons été les premiers à nous intéresser à certaines régions et musiques, par exemple PAN Records a été le premier label à mettre en vente le chant diphonique de Touva en 1991 !
* PAN Records publie essentiellement de la « musique éternelle », et nous essayons de garder la plupart de nos titres disponibles au catalogue.
* 95 % de nos références sont des productions propres de PAN. Par principe, nous n’achetons pas de licences. Toutes nos sorties sont originales.
* PAN Records est réputé pour ignorer les tendances et le commerce, et notre catalogue en est la preuve. Nous nous intéressons à la bonne musique qui prend sa source dans les traditions vivantes au sens large, ou a au moins des racines traditionnelles.
- Qu’est-ce que vous écoutez comme musique quand vous ne travaillez pas ?
- Bernard Kleikamp :
Quand je suis avec ma famille, j’écoute tout ce que ma femme ou mes enfants mettent, et ça va de 3 doors down, du synthé-rock japonais, de la musique transe, à Eminem ou Lori Lieberman. Quand je suis tout seul, ce qui arrive surtout en voiture : Bach, Zappa, Kevin Ayers, de l’ethnique, Kim Wilde, du chant grégorien, ou juste du pur silence.
- Comment voyez-vous l’avenir de l’industrie musicale ?
- Bernard Kleikamp :
C’est un business en mutation et en difficulté. L’industrie de la musique est une chose organique qui s’adapte aux besoins du temps, je pense. En ce moment ça change, et le changement est nécessaire pour sa survie.
Il est très probable que de nouveaux formats continuent à être créés. Pour être en mesure de répondre à la demande à venir, on doit constamment être au fait des nouveaux développements et investir dans la nouvelle technologie. Pour les petites et moyennes entreprises, comme PAN Records, c’est parfois difficile.
- Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
- Bernard Kleikamp :
La nécessité d’emmener mes enfants à l’école. Le week-end, quand le temps n’est pas trop mauvais, l’envie d’aller courir 10 ou 15 km. Ou, très prosaïquement, le besoin d’aller pisser.
* Leiden : ville des Pays-Bas située entre Amsterdam et La Haye, à une dizaine de kilomètres de la côte de la Mer du Nord.
** Musique diphonique ou chant de gorge : technique de chant permettant de produire plusieurs sons à la fois, et donc, de faire du chant polyphonique au moyen d'une seule voix. Une note grave est chantée avec la gorge tandis que des notes aiguës sont produites simultanément par les harmoniques de la voix. Le chant diphonique mongol (« xoomeï ») est particulièrement célèbre. Différents styles y sont représentés, et se retrouvent dans les pays voisins : Touva, Bouriatie, République de l'Altaï, etc.
1. It's an odd idea to make discs, isn't it? How did you happen to arrive at that point?
After leaving University in 1981, where I had studied drama and ethnomusicology, the prospect of becoming a jobless dramatist or ethnomusicologist didn't much appeal to me, so I decided to create my own job. By then I was already in the board of the local Leiden folkclub and folkfestival, and decided to start a concert agency.
Musician friends of mine had started the PAN label (in 1975) to release their own LPs. After a few years they asked me to be a member of the board. Then one after the other left, because they wanted to make music and not run a record company. With me it was just the other way around, and since the mid-1980s I am sole owner of PAN Records. I decided to focus on an international approach, with a strong emphasis on ethnic music.
Because of my relations with many artists through my concert agency, it was relatively easy to find talented ensembles, who wanted to record for PAN Records.
The advent of CD has helped a lot, and I think I/we started at the right time producing CDs. Our first CD, released in 1988, "Kolinda 6", is still in catalogue.
I've ended working with the concert agency 5 years ago, but hope to continue with PAN Records for many years to come.
2. How would you define the peculiarity of your label?
Unusual non-commercial music with a strong tinge of ethnic and traditional.
We think what PAN Records distinguishes from other labels is:
* We emphasize on specific regions and genres (but don't neglect the rest of the world!):
the Pacific ('Anthology of Pacific music'); the Caucasus ('Anthology of music from the Caucasus'); brass band music ('Anthology of brass band music'); Central Asia ('Anthology of Azerbaijan music' and other releases); East and South-East Europe; the countries inside the ex-USSR; ethnic groups in China ('Anthology of music in China'); East Africa; overtone music.
Not surprisingly, these regions and genres coincide with the interest and specialization of our ethnomusicologist co-operators.
* In many cases we were the first to pay attention to certain areas and musics, for instance PAN Records was the first to commercially release Tuvan overtone singing in 1991!
* PAN Records releases mainly 'ageless music', and we try to keep most titles in catalogue.
* PAN Records is known for ignoring trends and commerce, and our catalogue proves it. We're interested in good music that either stems from living traditions in a broad context or that has at least traditional roots.
3. What music to you listen to when you do not work?
When I'm with my family, Ilisten to whatever happens to be picked by my wife or children, this varies from 3 doors down, japanese syntho-rock, trance music, Eminem to Lori Lieberman. When I'm on my own, which is mostly in the car: Bach, Zappa, Kevin Ayers, ethnic stuff, Kim Wilde, Gregorian chant, or just pure silence.......
4. What do you think of the future of musical industry?
It's a business in transition and in trouble. The music business is an organic thing and is adapting to the need of the times, I think. It is now changing, and change is necessary for survival.
It's very probable new formats will continue to be created. To be able to cope with the demands of the future, one needs to constantly be aware of new developments and invest in new technology. For small or mediumsized companies, like PAN Records, this is sometimes difficult.
5. What makes you stand up in the morning?
The need of getting my children to school. In the weekends, when the weather is not too bad, to go for a 10km or 15km run. Or, very prozaically, to go for a pee.
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